Le producteur exécutif de Bulkhead Interactive, le studio de Wardogs, rebondit sur les déclarations du fondateur de Double Fine pour dire que les jeux ne coûtent pas assez cher à l'achat.
La question du prix des jeux vidéo continuent de faire débat en plein période de crise de l'industrie. Après les nouvelles annonces de licenciement massif chez XBOX, plusieurs personnalités prennent la parole. Réagissant à des déclarations sorties plus tôt cette semaine, Joe Brammer, le producteur exécutif de Bulkhead Interactive (Wardogs) tape du poing sur la table pour dire qu'il faut monter les prix.
Des jeux pas assez chers pour le producteur exécutif de Wardogs
Hier, IGN partageait une interview de Tim Schafer, le fondateur du studio Double Fine, dans laquelle il expliquait notamment ne plus comprendre l'économie de l'industrie du jeu vidéo. Plusieurs personnalités du secteur ont alors réagi sur la toile. Parmi elles, James Batchelor, manager de la communication chez Digital Bandidos, qui admet : « Nous non plus ». À cela, Joe Brammer de Bulkhead Interactive, à qui ont le récent succès Wardogs, répond sans détour en avançant ce qui semble être pour lui une solution :
C'est facile comme titre accrocheur, ça... Mais ce n'est pas compliqué : les jeux coûtent trop peu pour des coûts de développement si hauts. GTA 6 avait l'occasion de monter la barre mais ils ne l'ont pas fait, alors on va continuer à tourner en rond. Je viens juste de payer £30 pour un aller simple, Wardogs coûte £36.99. Ne faisons pas comme si nous ne savions pas pourquoi. Les gars comme Tim [Schafer, ndlr] devraient se lever et dire « les jeux doivent coûter plus cher ». Ne faisons pas comme si nous le savions pas.
Une économie à repenser sans langue de bois ?
Pour Joe Brammer, il est évident que les prix des jeux sont généralement trop bas pour coller aux coûts de développement. Sur ce point, difficile de le contredire quand on voit les budgets exponentiels depuis plus d'une décennie maintenant. Bulkhead Interactive a d'ailleurs annoncé cette semaine que le prix de Wardogs, son FPS actuellement en accès anticipé, augmenterait progressivement à mesure que le jeu prendrait de l'ampleur pour coïncider avec les logiques de production.
Dans cette conversation sur X, Brammer blame d'ailleurs Rockstar de ne pas avoir sauté sur l'occasion de faire grimper la tarification de GTA 6 compte tenu du coût de production monumental qu'il a nécessité. Cela dit, on pourrait lui rétorquer que le porte-monnaie des consommateurs, lui, n'est pas exponentiel. Mais la problématique d'un tel blockbuster, qui est assuré de se vendre pas palettes, n'est évidemment pas la même que pour la grande majorité des autres studios, à l'instar de Bulkhead et de son Wardogs.
Le fait est que pour Brammer, il faudrait simplement en venir à une cohérence tarifaire. Il répond d'ailleurs à un commentaire en précisant que si un jeu n'a pas un contenu suffisant, il n'a pas à coûter plus cher que nécessaire1. En revanche, il est convaincu qu'il y a quelque chose à changer. Il pointe notamment du doigt le XBOX Game Pass qu'il accuse d'avoir fait « du tort à l'industrie »2. D'une manière ou d'une autre, il en vient à la conclusion que « certaines choses montent ou redescendent »3. Soit que les prix des jeux grimpent, comme Bulkhead et Wardogs, soit que les budgets de production baissent en résumé.
Source : Joe Brammer.